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Le Rire de Molière Details
Nous applaudissons toujours Molière avec ferveur, mais sommes-nous bien certains de le comprendre ? Les mises en scène les plus marquantes et les plus novatrices d'aujourd'hui font valoir sa profondeur psychologique ou l'audace de ses idées morales, mais parfois au détriment du rire joyeux et profond qui est la marque propre de son génie et qui donne le sens de son théâtre. Un constat s'impose : on a tiré Molière du côté du drame, on l'a joué comme Ibsen ou Tchékhov, dans l'idée, peut-être, que la gravité, la tristesse et la mélancolie constituaient un label suprême de qualité. Le malentendu n'est pas neuf. Il date au moins du Romantisme, mais il s'est accentué. Il est donc urgent de le dissiper pour réapprendre à lire Molière et surtout pour retrouver les plaisirs dont nous avons été privés. Il faut tout d'abord oublier la distinction factice entre hautes et basses comédies, car l'esprit de la farce, que l'on fait profession de dédaigner, est omniprésent dans son oeuvre. La farce nous conduit dans l'étrange, dans un domaine à la fois hilarant et tout à fait sérieux où l'on triomphe, en riant, de la violence et de la mort. Et il y a plus. Certaines comédies-ballets sont jouées sans leurs parties lyriques, réduites au texte seul. C'est méconnaître gravement l'intention de Molière, baladin aux multiples talents, émerveillé dès les débuts de sa carrière parisienne et jusqu'à son dernier souffle par une forme neuve de spectacle et une vision plus large de la vie qui répondaient pleinement à son génie. Le Rire de Molière offre une interprétation originale de son théâtre et de ses pièces principales. Michael Edwards y découvre un rire étonnant et salutaire aux antipodes du rire triste dans les théories de Hobbes, de Baudelaire, de Bergson, et un comique qui, en dépassant de loin la satire, cherche, au-delà du malheur, le bonheur d'un monde renouvelé. Poète et essayiste en anglais et français, Michael Edwards est professeur honoraire au Collège de France. Au-delà de toute théorie critique, il a mis en lumière l'intime correspondance de la littérature, de la musique et des arts.

Reviews
Michael Edward, poète, essayiste, professeur honoraire au Collège de France, a mûri cet essai pendant 50 ans. L??amoureux du génie dont le nom qualifie, dans les belles lettres, la langue française, est saisi par la rigueur d??analyse enthousiaste, méthodique, subtile du « Rire de Molière ».L??ouvrage analyse les principales pièces, l??une après l??autre, dans des chapitres distincts. Pour profiter pleinement de sa lecture, il est bon de lire, avant tout développement, celle dont le livre prendra le sujet. Car le rire de Molière appartient à l??essence de l??art en ce que l??Homme y est magnifié : ses faiblesses, ses forces, dans sa double acception d??être solitaire et social.Molière est sérieux. Son rire n??est pas celui de la fantaisie légère. Le rire est allègre. S??il prend sa source dans des situations pouvant être dramatiques, il en démonte le mécanisme, exposant la liberté d??en sortir, par l??ennoblissement du c?ur. Le rire est expression de la Liberté de pensée, de vivre. Quand Harpagon, l??avare, tient sordidement à marier sa fille à un homme qu??elle refuse, la situation ne prête pas au rire. Molière est attaché à défendre l??amour à la fois sérieux et joyeux en son fond, triomphant de toutes les vilénies même malines (cf. « Amphitryon »). Cependant le jeu de la farce par ses rebondissements bien articulés, libère l??humanité des personnages et conduit, par le rire, à d??heureux dénouements construits, et pour fortuits qu??ils puissent parfois paraître, jamais mécanistes (différent de l??analyse du rire de Bergson). De même Scapin, que Molière interprétait (auteur et acteur) emprunte à la Comedia dell??Arte la vivacité de ses tours, amenant une fois encore une situation noire (volontairement noircie à l??excès dès les premiers mots « Dures extrémités où je me vois réduit ») à l??éclaircie non pas par le ridicule, mais par la disparition ensoleillée de la mort. La construction des phrases combinant proses et vers, alexandrins et hémistiches, apporte au texte cette tonalité joyeuse ?? qui souvent, hélas, regrette l??auteur, à la Comédie Française, n??est pas comprise.Du Misanthrope, l??auteur écrit : « C??est en clown sincère, en celui qui se risque en dehors de l??habituel, tout en accumulant des erreurs comiques et en se laissant entraîner par un tempérament étranger à son idéal, qu??Alceste touche à la profondeur libératrice du rire ».Edwards redécouvre avec bonheur le théâtre de Molière. Les surprises y sont multiples. Son insistance à comprendre la construction du rire dans le lien intime créé entre la comédie et le ballet nous fait regretter l??absence régulière de la musique dans les représentations des pièces de Molière. Comment comprendre « Le Bourgeois Gentilhomme » et « le Malade imaginaire » en effaçant l??interaction de la musique sur la comédie ?Molière est d??une étonnante sagacité et modernité. Son rire est salutaire, riche, tellement humain : libérateur.***(article rédigé pour le bimensuel "Royaliste" (directeur politique Bertrand Renouvin), publié dans le numéro 1039 "numéro spécial Juillet-Août 2013")
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